Nicolas Besombes – Enseignant-Chercheur et Vice Président de France Esports

  • 1) Tout d'abord Nicolas, peux-tu nous expliquer ton parcours avec un focus sur France Esports ?

  • Je suis un pur produit du monde du sport. J’ai fait tout mon parcours en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) avec une Licence APA (Activités Physiques Adaptées en relation avec les personnes en situation de handicap). J’ai enchaîné avec un Master en Sciences Sociales appliquées au sport, puis un doctorat en STAPS. C’est là où j’ai commencé à m’intéresser à l’esport.
    J’ai ensuite réalisé un post-doctorat au sein de l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), et je suis aujourd’hui Maître de conférences en STAPS.

    En parallèle de mes activités d’enseignent-chercheur, je suis depuis juin 2017, un membre élu du Conseil d’Administration de l’association France Esports. Et j’en suis également le vice-président en charge des questions de santé, de société et d’éducation. Mon rôle principal consiste à prendre en charge les initiatives et les groupes de travail en rapport avec ces thématiques.

    Les principales missions de l’association France Esports sont :
    - Rassembler et réunir l’ensemble des acteurs associatifs, économiques et institutionnels de l’esport en France.
    - Structurer et promouvoir une pratique de l’esport responsable et durable à l’échelon local, national et depuis peu européen.
    - Être un des interlocuteurs principaux auprès des pouvoirs publics, via les ministères ou les collectivités territoriales.

  • 2) Quel regard portes-tu, à titre personnel, sur les nombreuses formations à dynamique Esport qui se développent actuellement en France ?

  • L’industrie et l’écosystème esportif sont aujourd’hui dans une phase de professionnalisation, processus indissociable de la question de la formation. L’objectif est de faire monter en compétences les futures ressources humaines de l’industrie et de l’écosystème. Depuis 2016, il y a de nombreux organismes de formations qui ont ouvert, proposant des cursus autour des métiers du jeu vidéo et de l’esport. Trop souvent, c’est avec une trop grande méconnaissance des besoins objectifs des acteurs de l’industrie en termes de profils recherchés sur le long terme. Cela entraîne alors des difficultés pour adapter à la fois la maquette et les contenus pédagogiques et de ce fait, pourtrouver les intervenants appropriés pour la formation des étudiants.

    Ce qui est encourageant, c’est d’observer que ces différents organismes de formation affinent d’année en année leurs offres en fonction des différents retours, que ce soient de la part des étudiants, des professionnels ou des intervenants. Ce qui permet d’identifier les métiers les plus recherchés autour de l’industrie esportive.

  • 3) Quels sont les travers dans lesquels nous pourrions tomber suite à cette forte appétence de « l'enseignement esportif » ?

  • Bien que l’esport soit dans une phase de popularisation et de massification, c’est encore un écosystème de niche. La multiplication des organismes de formation fait que l’on se retrouve avec un nombre important d’étudiants diplômés qui se retrouvent sur le marché. L’industrie esportive française est pour le moment incapable d’absorber autant de personnes. J’encourage ces organismes à s’internationaliser et à proposer des cours en anglais afin que les étudiants puissent exporter leurs savoirs et leurs compétences à l’étranger. Cela passe notamment par des stages à l’international.

    C’est aussi d’avoir une vision plus claire sur les métiers sur lesquels seront formés les étudiants. Tout en évitant de saturer certains corps de métier alors que les besoins sont minimes (comme manager ou coach par exemple). Il existe des besoins prioritaires sur des métiers supports, comme les métiers techniques en lien avec l’informatique oula gestion de réseaux par exemple

  • 4) Quels seraient, d'après toi, les gages de qualité de ces formations et/ou établissements ?

  • Il existe aujourd’hui une forte demande de la part des acteurs de l’industrie, mais aussi des pouvoirs publics et des parents, d’avoir une meilleure cartographie des différentes formations existantes. Pour rassurer les différents acteurs, les formations pourraient être identifiées à travers un cahier de charges.
    Ce qui va être mis en place dans les prochains mois, de la part de l’association France Esports, à la demande des pouvoirs publics, c’est une forme d’homologation. C’est un travail que l’on a déjà entamé mais qui nécessite du temps, et surtout du temps humain, ce dont l’association ne bénéficie pas toujours. Mais avec le soutien des pouvoirs publics et en s’inspirant du référentiel des métiers du SNJV, on y travaille pour l’appliquer autour des problématiques liées à l’esport.

  • 5) [Instant PUB] : Quel message souhaiterais-tu faire passer pour France Esports ?

  • Avec l’association France Esports, on se rend compte que la légitimation de l’esport en France doit passer à travers les actions en lien avec les fonctions sociales de l’esport, en relation avec les parlementaires et les pouvoirs publics. Ce sont des enjeux aussi bien autour de la structuration de l’écosystème amateur, des enjeux éducatifs ou bien des enjeux de mixité et de diversité.
    Pour les pouvoirs publics, c’est évident que l’esport constitue un secteur économique important et en pleine croissance. Une de nos problématiques est maintenant d’assurer un développement sain et pérenne de l’écosystème esportif en France.

  • 6) Est-ce que France Esports s'est fixée une mission quant aux sujets des formations abordant, de près ou de loin, l'esport ?

  • Oui, c’est une question que l’on traite depuis un an avec un groupe de travail. On a mis en place un cahier des charges qui est en phase de test. On a envoyé aux organismes de formation un fichier à remplir afin d’avoir leurs premiers retours. On souhaite connaître quelles ont été leurs difficultés pour le remplir, les éléments importants manquants et ce qui leur semble non-prioritaire pour le moment.
    On est en train de récupérer les questionnaires pour ensuite affiner ce cahier des charges, avec pour objectif de passer dans les prochains mois, sur une phase plus opérationnelle.
    Il y a également un important travail de veille à effectuer, car c’est environ une trentaine d’organismes de formation traitant de l’esport et du jeu vidéo.

  • 7) Enfin, le conseil du Chef : Pour te côtoyer « un petit peu », j'ai observé que depuis environ 2 ans, tu es extrêmement sollicité (de toutes parts dirais-je), tant pour donner un avis, que participer à une conférence, donner des cours ou encore animer un débat. Faut-il y voir la rançon de la gloire ?

  • Je suis flatté et honoré de recevoir ces sollicitations à la fois des acteurs institutionnels, politiques ou associatifs. Ma plus grande fierté, c’est que les acteurs de l’écosystème perçoivent de manière positive le travail que je réalise, et que tant que je le fais bien et qu’ils en sont satisfaits, j’en suis heureux et reconnaissant. Je ne sais pas si c’est la rançon de la gloire.. J’imagine que ce qui est apprécié dans mon profil, c’est peut-être une rigueur universitaire qui est lié à mon parcours de formation. C’est peut-être également mon indépendance vis-à-vis de structures économiques ou commerciales, là ou d’autres personnes, qui feraient peut-être aussi bien, voire mieux que moi, seront parfois soupçonnés d’œuvrer pour leur propre intérêt. Je ne travaille pour personne, si ce n’est pour mon université.


     


    Cette interview a été réalisée par Olivier Trenque


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