Célia Roy – Social Media Manager en freelance

  • 1) Célia, peux-tu te présenter et nous raconter tes expériences au sein de l’industrie du jeu vidéo ?

  • Je suis Célia Roy, freelance en tant que Social Media Manager. Actuellement en mission au sein de l’agence Heaven pour le compte de Samsung France jusqu’en janvier 2020 et en mission longue pour les Editions Kurokawa (One-Punch Man, Fullmetal Alchemist, Soul Eater, Pokémon…).

    Mes premières expériences dans le monde du jeu vidéo remontent à 2012. J’écrivais initialement sur mon petit blog personnel avant de rejoindre en décembre 2012, un site d’actualités qui s’appelait Gamer News en tant que journaliste-rédactrice. En parallèle, j’ai commencé à participer à des émissions de web radio sur Fréquence Geek (La Case du Geek), et de radio sur O2 Radio via son émission JV : La Voie du Geek qui existe toujours !
    Je me suis ensuite consacrée à mes études et entre temps, l’équipe de La Voie du Geek s’est rapprochée du collectif Geek Inc, qui diffusait une émission hebdomadaire le vendredi soir sur Gaming Live (ancienne JVTV). C’est en voulant proposer des streams de let’s play que je les ai rejoints en juillet 2015 pour ce format et le talk show hebdo. On s’est bien amusé sur des jeux comme Le Tour de France 2015 ou F1 2015 avec des délires sur fonds verts et de super décors créés et imaginés ensemble !

    Par la suite, j’ai retrouvé Gamer Network en février 2016 (anciennement Gamer News) afin de gérer leur Web TV et faire grandir la plateforme en coordonnant les différentes émissions et donner une meilleure visibilité pour les streameurs et les spectateurs (nom d’émissions, logo etc.).
    C’est en Janvier 2018 qu’avec un groupe d’amis, nous avons lancé Bordel de Nerds, un site/blog laissant carte blanche à qui veut, sur ses coups de cœurs geek et pop culture.
    J’apparais aussi depuis quelques temps sur votre petit écran, comme sur ES1 ou Ouatch TV via l’émission Akoitujou.

    Côté associatif, j’ai rejoint l’association Women In Games en 2017, en participant à des thématiques sur la mixité dans l’industrie du jeu vidéo, mais aussi avec des sujets autour de l’esport en collaboration avec l’association France Esports. Avec ces derniers, nous avons organisé la journée « Esport et Mixité » en juillet 2018 à la Mairie de Paris. Pour promouvoir l’événement, avec Eva Martinello, nous avons été invitées sur la chaîne ES1 pour en parler. J’ai aussi animé et organisé quelques évènements (Desert Bus de l’Espoir, RVL, 24h du Gaming Solidaire) pour l’association Loisirs Numériques que j’ai rejoint en juin 2018.
    Et depuis Juillet 2019, je suis marraine de l’association Chœur de Gamers, aux côtés de PADG, Patrick Sarréa et DJ Boucherie.

  • 2) Arrives-tu à trouver des synergies entre les métiers que tu as fait et tes passions ?

  • Totalement! Cela m’a bien aidé lors de mes études pour trouver mes alternances. Le réseau m’a aussi permis de trouver différents clients pour mes missions en tant que social media manager.

  • 3) Le community management a beaucoup évolué ces dernières années, comment vois-tu le métier à l’avenir ?

  • C’est très compliqué d’anticiper vu que les algorithmes changent tout le temps ! Il faut suivre son public et analyser les tendances. Par exemple, les jeunes ne sont plus sur Facebook mais sur Snapchat et Instagram, il y a de nouveaux arrivants comme Tik Tok à prendre aussi en compte. Il faut commencer à réfléchir pour créer du contenu pertinent sur cette plateforme.

    C’est de l’adaptation continue, et ça oblige toujours à faire du test & learn pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ça dépend aussi de la typologie des différentes marques, ce qui est valable pour une ne sera pas forcément valable pour une autre. Il faut aussi être au courant des nouveaux formats publicitaires qui arrivent sur les réseaux sociaux.

    Ce qui est certain, c’est que c’est devenu un métier à part entière nécessitant une personne professionnelle et compétente pour gérer les différentes gestions de crise uniquement digitales. Il est impensable de laisser tant de responsabilités à un stagiaire seul.

  • 4) L’an prochain sera une année charnière pour l’industrie du jeu vidéo avec de nouveaux hardware (on voit déjà de nouveaux entrants). Est-ce que la stratégie « réseaux sociaux » des différents acteurs va évoluer selon toi ?

  • Pas spécialement de changement de stratégie mais les anciens acteurs comme Sony et Microsoft vont devoir trouver de nouveaux angles d’attaques avec l’arrivée de Stadia, vu que Google va rendre le jeu vidéo encore plus grand public. Se posera même l’utilité d’avoir encore besoin d’une console. Stadia propose de jouer via un service entièrement dématérialisé, cela revient moins cher que l’achat d’une console.
    Les consoliers vont devoir proposer de nouveaux services auprès des utilisateurs, notamment auprès de la cible des « casuals gamers » afin de les séduire et de les engager.
    Cela m’aurait beaucoup intéressée de me pencher sur cette strat social media !

  • 5) [Instant pub] Tu as un projet autour de la réalité virtuelle? Quelles sont tes autres actualités ?

  • C’est une émission que je voulais lancer sur Ouatch TV, mais malheureusement la chaîne va fermer. Nous avions tourné un pilote, mais hors conducteur au Laval Virtual qui est le plus grand salon français sur la VR. J’avais pour objectif de faire des émissions parlant de toutes ces nouvelles expériences un peu inclassables, comme les escape games autour de la pop culture que ce soit en physique ou en digital ou les Fury Room (salle où tu as une heure pour tout casser), par exemple.
    Je cherche aujourd’hui une nouvelle chaîne de TV pour mon concept, sachant que j’ai beaucoup de contenu déjà prêt à l’emploi.
    Concernant Bordel de Nerds, nous rechercherons de nouveaux rédacteurs bénévoles et ce n’est pas facile à trouver, mais nous sommes prêts à former sur l’écriture.
    Je viens également d’intégrer le podcast « Allô centrale » sur « Radiokawa », c’est une émission consacrée à la pop culture en général.
    Et beaucoup de choses en cours dans toutes les associations où j’officie. (Women in Games, Loisirs Numériques, Chœur de Gamers).

  • 6) Selon toi, est-ce que les différentes communautés autour de l’Esport sont plus exigeantes concernant les relations qu’elles entretiennent avec les marques ?

  • C’est une cible très engagée car il s’agit d’une thématique liée à l’entertainment mais extrêmement précise. Exigeante, oui et non. Si on prend l’exemple de Feed, c’est une marque qui fonctionne et qui fait parler d’elle dans l’esport (au-delà des qualités intrinsèques du produit qui lui, peut être sujet à controverses). Il faut qu’une marque soit crédible pour s’imposer dans l’esport en distillant des informations fiables, au risque de se prendre un tollé. Le mieux restant d’être accompagné par des experts pour éviter les faux pas.

  • 7) Conseil du cheffe : Comment parviens-tu à gérer ton temps avec tes différentes activités ?

  • Ce n’est pas facile, je vais être animée par la passion, en exécutant les tâches qui m’excitent le plus en premier.
    Mais il existe une technique pour les gens comme moi qui ont beaucoup d’activités, c’est la technique Pomodoro (tomate en italien), ça vient du fait que les minuteurs de cuisine ont une forme de tomate. La technique consiste à effectuer des séquences de travail de 25min avec des pauses de 5min et plus longues toutes les heures. Il y a une application pratique sur smartphone qui est « Brain Focus Productivity Timer ». Cela te permet de découper tes missions en tâches plus courtes, te donnant des mini objectifs plus facilement réalisables. Ça permet aussi de savoir combien de temps tu passes sur un client.
    Il faut aussi bien sûr se tenir à jour avec une « To Do list », je fais un Kanban avec 3 colonnes (To Do, Doing et Done) sur un logiciel comme Trello qui est simple à utiliser. On y voit plus clair et cela permet de prioriser les tâches en continu.

    Si on couple ces 2 outils, c’est un excellent moyen pour parvenir à gérer son temps, et puis, les trucs chiants faut quand même bien les faire à un moment !
    J’aurai un autre conseil à donner pour ceux qui veulent travailler dans le gaming. Je ne recommande pas forcément de faire des formations spécialisées jeu vidéo ou esport juste après le bac, mais de partir sur quelque chose de généraliste, puis après, de se spécialiser. C’est plus simple ainsi car cela accroît votre crédibilité et vous ouvre encore plus de portes. Faire du bénévolat est une excellente porte d’entrée, c’est ce que j’ai fait et ça m’a permis de développer mon réseau, c’est une manière de se faire remarquer. N’hésitez pas à être créatif et imaginatif dans votre vie de tous les jours. Quand je travaillais pour le Groupe La Poste (loin du gaming donc), j’ai pu créer un « poisson d’avril » où nous avons fait croire que le suivi de colis serait disponible dans le jeu Fortnite. Nous avons eu le soutien de certains sites de jeux vidéo et ça a cartonné ! Nous avons eu des retombées médiatiques intéressantes et le tout, gratuitement. Comme quoi, tout est un prétexte pour parler gaming !


      


    Cette interview a été réalisée par Olivier Trenque


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